obamaObama à la Maison Blanche, c’est une apothéose historique pour tous les Américains. Même pour l’Américain d’adoption que je suis depuis 33 ans. Obama n’est que le deuxième démocrate, après Jimmy Carter en 1976, à remporter une victoire présidentielle et législative si décisive. Il est le premier citoyen de couleur à se hisser au sommet du pouvoir.

 

 

 À une époque où les idéaux américains sont perçus comme sur le déclin, et faciles à critiquer, il représente une répudiation cinglante des années Bush et du parti républicain. Obama s’est présenté comme le candidat du changement. Mais changement vers quoi? Les réponses sont encore vagues, et les défi s s’accumulent : récession économique, système fi nancier international grippé, crise du secteur automobile, menace climatique, dépendance énergétique, dossiers internationaux embourbés... 

Tout ce que nous savons, c’est qu’il est un stratège habile, qu’il a mené une campagne remarquable par sa cohésion, qu’il sait lever des fonds. Nous connaissons ses talents d’orateur, dont il devra user tant et plus pour rendre espoir, et recevoir au moins le bénéfi ce du doute. Depuis peu, nous observons qu’Obama le président, à la différence peut -être d’Obama le candidat, n’est pas un idéologue de gauche. La composition de son cabinet suggère qu’il mesure la valeur de l’expérience et l’importance des enjeux économiques, dont la gestion déterminera le succès de sa présidence.


Je reste sur ma faim toutefois sur un sujet qui me tient à coeur. Ni le candidat, ni le président élu, n’ont adressé un message direct aux entrepreneurs. Restaurer la confiance dans le gouvernement, c’est bien. Mais Obama aura besoin de bien plus que des fonctionnaires zélés pour réussir. Il devra inspirer des leaders et des entrepreneurs. Il devra résister à latentation protectionniste, au zèle de ses régulateurs, et restreindre l’emprise gouvernementale débordante des industriels privés. S’il veut créer 5 millions d’emplois “verts”, il aura besoin de 50 000 entrepreneurs, motivés par la création, l’innovation, et aidés par un accès non bridé au capital.

Dans les premiers cent jours de sa présidence, Obama devra user de sa rhétorique et de ses talents de rassembleur pour lancer un encouragement clair et décisif vis-à-vis des entrepreneurs, catégorie négligée dans la campagne, mais qui reste le matériau essentiel de la vitalité économique des États-Unis.